Couverts "pollinisateurs"

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Le contexte

Diverses semences potagères multipliées en Beauce (carotte, radis, oignons...) ont une pollinisation favorisée par les insectes. C’est pourquoi des multiplicateurs de semences passent des contrats  avec des apiculteurs pour l’installation de ruches à proximité des cultures.

Mais, en zone de production de semences, les jachères ou autres bandes fleuries, sont suspectées de perturber la pollinisation des cultures porte-graines. En particulier, la phacélie et le mélilot, très attractifs pour les abeilles, détourneraient les pollinisateurs. Or des couverts favorables aux pollinisateurs pourraient aussi représenter un atout pour la biodiversité fonctionnelle et pour la production agricole, à condition d’être bien choisis.

C’est pourquoi la FNAMS (Fédération Nationale des Agriculteurs Multiplicateurs de semences) a initié une expérimentation visant à concevoir un mélange de jachère mellifère pluriannuel adapté aux zones de production de semences potagères. Le couvert recherché devra être intéressant pour les pollinisateurs, sans perturber le rendement des cultures potagères. Les intérêts pour la faune et le coût abordable sont également des critères recherchés.

Cette action, soutenue par le Conseil régional via le Cap Filière semences, est menée en partenariat avec les Chambres d’agriculture (régionale, Loiret et Loir-et-Cher), association Hommes et Territoires, l’ADAPIC (Association régionale de Développement de l’APIculture), les Fédérations des chasseurs, l’Office national de la chasse et de la Faune sauvage et Jouffray Drillaud.

L'avancement de l’action

En 2016, six mélanges de plantes mellifères pluriannuelles ont été testés en micro-parcelles, dans le Loiret. Ils comprennent chacun 5 à 7 espèces parmi les suivantes : Minette, Sainfoin, Trèfle violet, Mélilot, Souci, Bourrache, Sarrazin, Grande marguerite, Vesce de panonie, Achillée millefeuille, Luzerne, Lavatère, Trèfle incarnat.

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Semés au printemps, les mélanges ont fait l’objet, entre juin et octobre, de suivis sur leur développement, leur période et abondance de floraison, leur attractivité pour divers insectes pollinisateurs et pour la faune sauvage... Des ruches ont également été suivies ; elles sont équipées de trappes pour étudier la provenance des pollens. Cette expérimentation doit se poursuivre jusqu’en 2018.

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A partir de ces premiers essais, les mélanges ont été évalués en termes de recouvrement du sol, de période de floraison (plus ou moins en même temps que les cultures porte-graines), d’attractivité des pollinisateurs, de diversité des insectes attirés et d’intérêt pour la faune sauvage.

Un mélange adapté a été défini et est testé en conditions réelles depuis 2017,  implanté en bordure de parcelle de carottes, en Eure-et-Loir et Loir-et-Cher.

Les premiers résultats montrent que les bandes de jachères n’ont pas eu d’impacts négatifs sur les rendements des cultures de parcelles de carottes. Elles se sont bien développées et ont assuré une présence abondante de fleurs apportant nectar et pollen enfin de floraison de carottes (entre fin juin et septembre), avec un pic de floraison mi-juillet.

Le suivi des pollinisateurs a montré une bonne fréquentation par les différents pollinisateurs sauvages (syrphes, bourdons, abeilles sauvages, mouches,…) et l’analyse de l’origine des pollens montre que, bien que le mélange soit fréquenté par les abeilles domestiques, la ressource butinée reste la carotte à plus de 65 %.

La synthèse et la diffusion des résultats sont prévues en 2018. En fonction des conclusions, le projet devrait aboutir à la promotion d’un ou plusieurs mélange(s) pour jachères mellifères, utilisables en zones de production de semences.

 

Pour plus de renseignements:

Caroline Le Bris
02 38 71 91 80 
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